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COMMUNIQUE DE PRESSE

1000 vaches : lettre au préfet de la Dordogne, pour la défense des libertés syndicales

03.06.2014

Monsieur le Préfet de Dordogne,


Comme vous le savez, nous nous sommes réunis devant la préfecture jeudi dernier le 29 mai en solidarité avec les personnes syndicalistes qui étaient en garde à vue à Abbeville et à Amiens et pour la défense des libertés syndicales.

Le 28 mai, un groupe de militants de la Confédération paysanne a mené une action syndicale en vue d'affirmer sa position et d'interpeler à la fois l'opinion publique ainsi qu'un certain nombre d'acteurs politiques, sociaux et économiques, au sujet de la future Ferme des Mille Vaches dans la Somme.

Nous nous opposons depuis 3 ans à ce projet qui accapare 3000 ha de terres agricoles pour concentrer 1000 vaches dans un bâtiment en vue de produire de l'électricité à partir d'un méthaniseur ; cette ferme va sonner la fin des petits et moyens producteurs de lait en particulier dans notre département. Nous ne pourrons pas produire du lait à 270 euros la tonne, tout en respectant l'environnement et en essayant de rester autonome, ainsi que M. Ramery, le promoteur du projet prétend le faire. Nous n'avons, pour l'heure, pas encore été entendus par les pouvoirs publics.
Il en va de notre survie, c'est pourquoi, ces militants se sont rendus pacifiquement et devant journalistes et caméras sur le lieu du chantier de cette ferme usine avec des outils pour démonter une partie des installations.

A la suite de cet acte, 4 militants se sont trouvés placés arbitrairement en garde à vue et l'après-midi notre porte-parole a été arrêté dans une gare, d'une manière très violente (plaquage à terre, menottage, interdiction de prendre des photos). Pendant la garde à vue certains militants ont subi des humiliations qui ne sont pas dignes de notre pays.

Ignorés des politiques autant que des tribunaux depuis des années dans notre contestation face à ce projet insensé (quid de l'emploi, de l'environnement et du bien-être animal), nous prenons les moyens de nous faire entendre par un acte symbolique et voilà que 5 d'entre nous se font arrêter comme de vulgaires casseurs et passent 48h en prison. Comment accepter que des militants se retrouvent entre les mains de la justice en l'espace de quelques heures alors que cette même justice balaye d'un revers de manche, sans même un regard, toutes les malversations de Ramery qui lui sont signalées depuis des années ?

Ces faits nous révoltent quant à l'avenir qui se prépare pour tous les citoyens et vont nous pousser à lutter coûte que coûte contre un état qui emploie de tels moyens. Les générations qui nous ont précédés, ont lutté pour l'avènement de nos droits syndicaux et aussi pour que nous vivions dans un pays démocratique. Nous ne pouvons accepter que de tels faits se reproduisent.

Nous espérons, Monsieur le Préfet, que vous relaierez au plus haut niveau nos revendications. Comme nous, vous ne sauriez tolérer que la République subisse le joug des lobbies et permette aux financiers de s'enrichir au détriment de la population, bafouant le droit syndical et les principes de liberté, égalité, fraternité.

Nous vous prions de recevoir, Monsieur le Préfet de Dordogne, l'expression de nos salutations les plus respectueuses.

La Confédération Paysanne de Dordogne
Michel TROLY
Michèle ROUX


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