Épisode de canicule – Mesures d'urgence pour les filières agricoles touchées
Courrier à l'attention de la Préfète de Dordogne et du Directeur de la DDT Dordogne
Mercredi 8 juillet 2026
Madame la Préfète,
Monsieur le Directeur de la DDT de la Dordogne,
L'épisode de canicule exceptionnel de ce mois de juin 2026 a provoqué des dégâts considérables dans l'ensemble des filières agricolesen Dordogne. Les productions végétales comme les élevages subissent des pertes importantes, mettant en péril l'équilibre économique denombreuses fermes.
Sans réaction rapide et adaptée des pouvoirs publics, cette crise climatique risque d'entraîner des cessations d'activité dans des filières déjà fragilisées. Les précédents épisodes climatiques ont démontré qu'un accompagnement insuffisant laisse des exploitations durablement en difficulté, voire conduit à leur disparition.
Pour les fermes de maraîchage diversifié et les apiculteur·ices, cette situation constitue une double peine. Le système assurantiel actuel conditionne une indemnisation satisfaisante à la souscription d'une assurance multirisque climatique. Pourtant, malgré nos nombreuses alertes,aucune compagnie d'assurance ne propose aujourd'hui de contrat réellement adapté au maraîchage diversifié ni à l'apiculture. Les fermes concernées seront donc parmi les moins bien indemnisées alors même qu'elles figurent parmi les plus exposées aux effets de cette canicule.
Au-delà de ces deux filières, l'ensemble du monde agricole a aujourd'hui besoin d'un soutien essentiel à leur survie. C'est pourquoi nous demandons la mise en œuvre immédiate des mesures suivantes :
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L'abaissement exceptionnel du seuil de déclenchement de l'indemnité de solidarité nationale (ISN) de 50 % à 30 %de pertes pour les fermes touchées par cet épisode de canicule et ne pouvant bénéficier d'une assurance multirisque climatique adaptée, notamment en maraîchage diversifié et en apiculture ;
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La mise en place d'un soutien financier exceptionnel permettant de reconstituer la trésorerie des fermes, en particulier pour les fermes non assurées et celles qui ne bénéficient pas des aides de la PAC* ;
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Le report des cotisations sociales et fiscales afin de soulager immédiatement la trésorerie des exploitations ;
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La prise en charge de l'aide au répit pour les paysan·nes confronté·es à une surcharge de travail et à des conditions d'exercice particulièrement éprouvantes ;
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La réquisition, à titre exceptionnel, des fourrages destinés à la méthanisationafin de les orienter prioritairement vers l'alimentation des troupeaux ;
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L'organisation de solidarités entre départements pour acheminer de la paille vers les éleveur·sesconfrontés à une pénurie de fourrages ;
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La mise en place de dérogations ciblées garantissant les besoins en eau des productions prioritaires, notamment le maraîchage, l'arboriculture, les petits fruits ainsi que l'abreuvement des animaux ;
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L'obligation, pour les propriétaires fonciers, d'autoriser le pâturage sur les terres incultes lorsque cela est possible afin de contribuer à l'alimentation des troupeaux ;
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L'engagement des communes à proposer des solutions alternatives lorsque les marchés de plein vent sont annulés, afin de permettre aux producteurs de maintenir leurs débouchés commerciaux ;
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Des mesures d'urgence pour résorber la surcharge des services d'équarrissage et éviter les situations de blocage sur les fermes d'élevage ;
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La mise en place de dérogations permettant, lorsque les conditions sanitaires le permettent, de compléter les lots de volaillesafin de limiter les pertes économiques.
Face à l'ampleur de cette crise, il appartient aux services de l'État d'assumer pleinement leur responsabilité de protection des paysan·nes. Alors que la souveraineté alimentaire est régulièrement affirmée comme une priorité nationale, notamment en Dordogne, cette ambition doit désormais se traduire par des décisions concrètes, rapides et à la hauteur des enjeux.
La Confédération Paysanne Dordogne








