Dordogne

POLITIQUE AGRICOLE COMMUNE : NOS POSITIONS

Pour une PAC plus juste, pour les paysans et la société

La PAC* est un outil très puissant pour agir sur l'agriculture Européenne. En France, 10 milliards d'euros sont versés chaque année au nom de la PAC* ! Tout cet argent devrait assurer une souveraineté alimentaire en Europe et répondre aux besoins des paysans et des consommateurs.

Malheureusement, cet outil est mal utilisé !

Chaque année, 4 % des fermes disparaissent en Dordogne. Entre 2000 et 2010, nous avons encore perdu un quart des exploitations !

 Le revenu agricole moyen reste très inférieur au revenu moyen de la population. D'énormes disparités existent pour le versement des aides : 80 % des aides vont à 20 % des agriculteurs ! Ce sont 2 % des exploitations qui accaparent 27 % des aides !

Les injustices se retrouvent à tous niveaux. Le DPU* moyen en Dordogne est de 170 €/ha, moitié moins que dans certains départements céréaliers. Les références historiques n'ont plus aucune légitimité. Certaines filières agricoles sont complètement exclues des aides (arboriculture, maraîchage, viticulture…). La nouvelle PAC* évolue vers un abandon total de la régulation.

La PAC* représente donc un gâchis énorme qui coûte cher aux citoyens européens et qui ne profite qu'à une minorité d'agriculteurs.

Pour rééquilibrer les aides, pour mettre fin aux inéquités,
pour permettre le maintien des petites et moyennes fermes

Nous proposons :

  • Des prix stabilisés par une maîtrise des volumes
  • Des aides à l'actif et non à la surface (en repartissant les aides, chaque agriculteur français toucherai 12000 euros par an)
  • Une VRAIE dégressivité des aides à partir d'une certaine somme par actif (dégressivité à partir de 25 000 € , plafonnement à 45 000 €/actif.)
  •  Une « sur-prime » aux premiers hectares ou UGB* une aide spécifique aux petites fermes une aide aux nouveaux installés une rémunération agro-écologique le recouplage des aides pour les productions fragilisées (fruits et légumes, ovins…)
  •  Une aide aux régions défavorisées.

Les aides du second pilier de la PAC* doivent atténuer les disparités entre territoires. Pour cela, elles devraient compenser les handicaps naturels, relocaliser les productions, privilégier les systèmes de production durables et autonomes, valoriser les produits de terroir. Nous revendiquons que les aides du second pilier restent consacrées au développement rural et qu'elles puissent être régionalisées en partie.

La conditionnalité des aides ne doit entraîner ni une charge administrative trop lourde, ni une multiplication des contrôles. Elle doit être adaptée aux exploitations familiales.

Enfin, nous pensons que les aides ne sont qu'un outil, pas une fin en soi ! Les prix doivent rémunérer le travail des paysans. L'agriculture doit sortir du cadre de l'OMC*. La contractualisation ne régulera ni les volumes, ni les prix. Une vraie politique agricole doit garder des outils de régulation :

  • Des organismes de marchés par productions,
  • Le maintien des quotas laitiers, des droits de plantation viticole…
  • La maîtrise de la production de fruits,
  • Des filets de sécurité prenant en compte les charges et les marges.
 
Au 1er janvier 2014, une nouvelle PAC* sera en œuvre ! C'est donc maintenant qu'il faut faire entendre notre voix pour une reforme JUSTE au service de TOUS les paysans !

Les autres syndicats ne répondent pas à vos préoccupations :

 - La FNSEA* revendique une PAC* préservant les systèmes d'organisation des producteurs ainsi que les secteurs agro-industriels et agroalimentaires. Elle est favorable à l'assurance récolte dans le 2e pilier.

 - La CR réclame une PAC* qui assure une stabilité des prix à un niveau rentable pour les producteurs, des marchés fluides sans monopole. Elle a peu de revendications concernant les disparités territoriales et les systèmes de production, en dehors de la défense de l'ICHN*.

Tous droits réservés - Confédération Paysanne de Dordogne