Dordogne

CHRONIQUE APICOLE N°7

Encore un hiver doux. Les humains se réjouissent mais la nature s'affole.

Avec ces températures élevées en ce début d'année, la végétation bourgeonne et même fleurie comme les noisetiers (qui produisent un pollen qu'aiment les abeilles), ou la véronique, toute petite fleur herbacée mais que les abeilles adorent car elles y trouvent nectar et pollen.

On pourrait penser que ces belles journées où les abeilles butinent sont favorables aux colonies. Or un apport de nectar et surtout de pollen (la source de protéïnes des larves d'abeilles) relance la ponte de couvain. Une ruche en hivernage normal sans couvain stabilise la température de la grappe (d'abeilles) à un peu plus de 30°C. Lorsqu'il y a présence de couvain, l'élevage des larves demande une température de près de 38°C. Et pour fournir ce réchauffement intérieur de la ruche, les abeilles consomment plus de miel.

Si Février s'avére froid (-14°C il y a deux ans) et que les abeilles ont trop puisé dans les réserves autour du nid, elles peuvent se faire piéger et mourrir de froid même s'il reste des cadres de miel, souvent trop loin de la grappe qui ne veut pas abandonner sa progéniture logée dans les alvéoles au centre de la ruche.

Les pluies et le refroidissement de ces derniers temps sont donc arrivés à temps pour stopper ce développement trop précoce des colonies, même si celles-ci ne profiteront pas pleinement de la floraison d'un noisetier trop avancé pour s'arrêter.

Il y a toujours du bon et du mauvais en chaque chose selon l'oeil avec lequel on regarde. Là le bon coté apicole de ces belles journées est que l'on a pu effectuer le traitement hivernal contre le varroa (accarien parasyte de l'abeille et importé d'Asie par l'humain dans les années 80). C'est un traitement à l'acide oxalique (acide que l'on retrouve dans des plantes comme l'oseille). Utilisé en Bio, il est ne tue que les varraos qui sont en dehors des alvéoles de couvain operculé (c'est-à-dire fermé). C'est pour celà que nous l'effectuons en hiver. Nous l'appliquons de la manière suivante:

  • 1 kg de sucre AB + 1 litre d'eau = Sirop
  • 1 litre de sirop + 35g d'acide Oxalique dihydraté = produit
  • 1 dose = 50 mL de produit  par ruche et 35 mL/essaim 

Lors de belles journées de plus de 14°C, nous aspergeons la dose par le dessus entre les cadres à l'aide d'une seringue. En quelques secondes l'opération est réalisée.

C'est aussi l'occasion de faire un point sur les premières pertes hivernales. Cette année une seule perte à déplorer due à l'échec d'un remérage tardif (changement de reine). Les visites dites de printemps réalisées en mars veront le taux de mortalité croitre notamment par l'addition de ruches orphelines ou bourdonneuses.

Néanmoins, (touchons du bois) notre pourcentage de mortabilité est nettement inférieur aux moyennes nationnales. Je pense que celà est dû à nos choix et nos méthodes de travail et reste une belle réponse aux détracteurs de la Bio, nombreux dans le monde agricole et apicole.

Je vous ai mis quelques photos d'une fleur dont les abeilles sont folles. Elle sent fortement une odeur de vanille, fleuri en janvier, feuille ronde et duveuteuse, se multiplie en ryzome. Je ne connait pas le nom : appel au botaniste qui pourra me le dire...

Sylvie et Peter, pour Fleur de Miel


Crédits photos : Fleur de Miel
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