Dordogne

CHRONIQUE APICOLE N°1

Bonjour à tous,

Alors que beaucoup partent en vacances, les abeilles poursuivent leur travail de pollinisation et tiennent leur rôle de sentinelles de l'environnement. Parce qu'elles subissent fortement les modifications écologiques effectuées par l'homme, les abeille sont donc de très bon indicateurs de l'état de l'environnement. Dans ce rôle essentiel des abeilles au sein de la nature, nous, les apiculteurs, sommes leurs alliés.

Un combat a été gagné ce printemps 2012 avec l'interdiction de la préparation cruiser OSR pour l'enrobage des semences de colza pour cette année. Le nouveau ministre explique sa motivation en ces termes : " L'exposition des abeilles au travers des résidus de Thiametoxam, substance active de ce produit, dans le nectar de colza, à la dose sublétale ayant des effets néfastes sur le retour à la ruche ds abeilles butineuses, ne peut être exclue".

Ces arguments étant clamés depuis des années par les apiculteurs, les entendre dans la bouche d'un ministre n'est pas une découverte en soit mais cela indiquerait un premier pas vers une réflexion sur l'utilisation aveugle des pesticides. En tout cas, on peut l'espérer...

Cependant, le Cruiser 350 reste autorisé sur le maïs. Nos abeilles en récoltent le pollen (très protéiné mais pollué) et, boivent l'eau émanant de la gutation (phénomène de "transpiration" de la plante, qui dégage alors une eau pleine de minéraux, appréciée des insectes, mais là aussi polluée par l'enrobage).

Le Gaucho qu'on croit souvent disparu de nos champs reste toujours utilisé pour l'enrobage des céréales comme le blé car, soit disant, les abeilles, et les autres insectes (trop souvent oubliés), n'y vont pas, puisqu'il n'y a ni nectar ni pollen à butiner. Or, non seulement la gutation y est présente mais de plus, lors des semis, des transports des semences et lors des récoltes, de fines particules de poussières polluent tout l'environnement alentour. Et puis n'oublions pas que ces produits restent rémanants dans la terre et dans l'eau un grand nombre d'années, polluant ainsi les cultures à venir sur ces parcelles, les nappes phréatiques et les cours d'eau.

Nombre d'autres soucis menacent les abeilles et les insectes, comme l'épandage massif d'insecticides pour la démoustication de la vallée de la Garonne (contre le moustique tigre) ou ici, en Dordogne (contre la mouche du brou de noix). Et bien sûr les OGM de plus en plus utilisés légalement ou non. C'est pourquoi il est primordial pour les générations futures de réfléchir sur nos actes dans la nature évidemment mais surtout dans nos paniers car c'est la consommation qui guide la production !

Ici à St Julien de Bourdeilles, nos jachères miellifères continuent d'apporter une nourriture diversifiée à nos abeilles (photo 47, ci contre). Nous sommes dans un milieu encore plutôt préservé et les fleurs sauvages sont très présentes comme la marjolaine en pleine floraison actuellement (photo 59, en haut de page). Notre volonté de fuir les zones de grandes cultures pour s'isoler dans les forêts périgourdines nous permet d'être un peu plus tranquilles et de moins subir le poids des menaces pour l'abeille même nos choix impliquent une diminution de la quantité produite. Mais ainsi nous sommes fiers de la qualité...

Nous venons de finir la récolte de miel de chataignier dans certains secteurs. Dans d'autres, nous le récolteront en août. Il sera alors mélangé avec la ronce, le miellat (de chêne notamment), et si la météo le permet et bien d'autres fleurs sauvages.

Salutations apicoles,

Peter et Sylvie Esnaut,

Fleur de miel


Crédits photos : Fleur de miel
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