Dordogne

ELEVAGE

Crise agricole : La Conf'24 partage le désarroi de nombreux agriculteurs. STOP au libre marché, c'est par la régulation et la solidarité que nous sortirons de cette crise !



03.02.2016

La crise agricole que nous vivons actuellement est dramatique et nous partageons la colère et le désarroi de nos collègues agriculteurs. Aux conséquences des cours désespérément bas, s'ajoutent le retard du règlement du solde des primes PAC*, les crises sanitaires et la non-reconnaissance des acteurs du monde rural. L'ampleur de la crise est sans précédent et concerne toutes les filières.



Dans ce contexte, la Confédération paysanne 24 a été sollicitée par des agriculteurs non-syndiqués, souhaitant mobiliser tous les paysans, syndiqués ou non. Parce que la solidarité doit l'emporter sur les différences syndicales, nous souhaitons partager avec nos collègues notre position.

 

Le libre-marché ne fonctionne pas et encore moins en matière agricole. Les produits agricoles, l'alimentation sont trop précieuses pour les laisser « aux mains » du marché et des financiers. La fin des quotas laitiers par exemple, nous a mené directement à cette crise. La mise en place d'un système de régulation de la production, le refus des traités de libre-échange et notamment celui du marché transatlantique (Traité TAFTA) sont primordiaux si nous voulons l'enrayer. La course à la compétitivité qui se traduit entre autres par la mise en place de fermes-usines, fait pression sur les prix et remet en question la rentabilité de notre travail. Nous voulons la reconnaissance du travail des paysans par des prix rémunérateurs et en complément des aides mieux réparties.

 

La course à la compétitivité a mené beaucoup d'entre nous à penser « chacun pour soi » en dénigrant les outils collectifs, à « sauver sa peau » et profiter de l'arrêt du voisin pour s'agrandir et être toujours plus compétitif. Cette logique individuelle et libérale a été admis par la plupart comme une fatalité, voir une opportunité mais elle nous conduit aujourd'hui dans une impasse. C'est cette logique qui fait des paysans une « espèce » en voie d'extinction. C'est avec des paysans nombreux que nos territoires resteront vivants.

 

C'est bien de solidarité et de diversité dont nous avons besoin dans le monde paysan. Même si les outils de solidarité (comme la MSA*) doivent être plus justes, nous devons les préserver et y contribuer à la hauteur de nos capacités car ils sont des remparts contre la logique individualiste et libérale.

 

Il est bien légitime que les différents acteurs, syndiqués ou non, se mobilisent dans ce contexte. Cependant, si nous devons envisager une « union » du monde agricole, ce n'est pas en convoquant les uns aux mobilisations des autres que nous renforcerons notre position. Il est nécessaire que nous puissions nous retrouver autour de revendications et d'actions qui prennent en compte la pluralité et les spécificités de chaque acteur syndical ou autre, pour qu'au delà de nos divergences nous puissions dégager un objectif commun et faire entendre notre voix. Nous sommes prêts à travailler dans cet état d'esprit.

 

Les mesures annoncées ont pour objectif de nous accompagner vers la sortie donc vers la disparition. Nous refusons la disparition annoncée des paysans et exigeons une reconnaissance de notre travail qui doit passer par des prix rémunérateurs, un système de régulation, une meilleure répartition et des outils de solidarité.

 

Contacts :

Hervé Cadart : 06 82 56 27 26

Didier Margouti : 06 19 22 19 79

Myriam Bourgy, animatrice Confédération paysanne : 05 53 57 47 26

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